Albertine
Et de temps en temps je me renverse en arrière et j’écoute mes cheveux blanchir.
Lawrence Sterne
J’ai aimé Albertine Sarrazin, fou (comme un) ! J’avais seize piges. J’étais en seconde. Heureux du lycée, ça me plaisait, les livres, la prof (Madame J. une stalinienne que je devais revoir bien des années plus tard en compagnie de Guillevic) elle lisait mes dissertes aux autres. Je dévorais cannibale. Tout du programme. Comme un cave apprêté. Lecture en costard. Tout du Lagarde et Michard. Comment Albertine la môme est-elle arrivée jusqu’à moi ? Miracle ! J’ignorais Céline et découvrais si peu Rimbaud. Je vivais asphyxié parmi des cloportes sans métamorphose. Des tocards minus. La Cavale ! Sans doute le titre d’espoir aperçu dans le rayon de la grande surface Carrefour où les minus faisaient leurs courses. J’ai toujours le bouquin, un poche, avec la photo d’Albertine sur la couve. Bandante. Et pute, j’allais découvrir. Est-ce elle qui m’en a donné le goût plus tard ?
Elle commence le cul au vent, « ayez le cul nu en permanence », dit-elle. Albertine, j’en rêvais, elle écrivait sexuel ! Vif argent son corps à saisir par l’ouïe, sa voix qui s’entend et m’embarquait entre ses cuisses adorées. J’étais jaloux de son mec, Zizi. Quel blase ! Moi itou je l’ai le zizi cadeau d’amour ! Moi aussi je joue du jazz à la flûte pour toi ! Je me page avec ton cul, je le musique à la pogne, moi aussi j’ai faim d’envie de te chibrozer, ma choute, qu’on se frotte d’opulence, à toi de tout mon foutre !
J’ai tout lu d’elle. Relu. J’ai écrit. Les rêves sont des enfants perdus. Pour elle ! Des mots…
La suite in À sauts et à gambades paru chez Ardavena !
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